Diplômée de la formation Réalisation audiovisuelle de 3iS (promotion 2018), Claire Laverne construit aujourd’hui une carrière entre émissions live, formats YouTube, publicité et fiction. Elle travaille notamment avec des créateurs comme Maxime Biaggi, Joyca ou Grimkujow, et intervient régulièrement à l’école pour transmettre son expérience. Nous l’avons rencontrée sur le tournage de l’émission Ma Vie Pro, animée sur Twitch par Samuel Étienne. Elle revient sur son métier, son parcours et sa vision de la réalisation.
Sur quoi travailles-tu aujourd’hui ?
Claire Laverne : Aujourd’hui, on est sur MVP (Ma Vie Pro). C’est une émission présentée par Samuel Étienne autour du milieu professionnel et de l’insertion dans la vie active. Il y a plusieurs invités qui débattent de nombreux sujets liés au travail. Aujourd’hui, Alexandre Astier vient nous parler de toute sa carrière et, en même temps, faire la promotion de Kaamelott.
Concrètement, quel est ton rôle de réalisatrice pendant l’émission ?
Claire : Mon rôle, c’est la direction des équipes techniques pour que tout se déroule correctement, notamment en régie, en envoyant les bons éléments au bon moment, avec l’aide de l’équipe éditoriale.
Il y a aussi la gestion des cadreurs. Aujourd’hui, je n’en avais qu’un seul sur le plateau, ce qui est léger, mais sur d’autres tournages je peux travailler avec cinq ou six cadreurs. Je dois les driver : placement, zoom, mouvements de caméra…
Et la dernière étape, avec tous ces éléments, c’est le montage. Comme on est en direct, je fais le montage en live sur un pupitre, en passant d’une caméra à l’autre.
Les tournages d’émissions peuvent être longs. On ne s’ennuie pas ?
Claire : Certaines émissions durent trois heures, mais il se passe tellement de choses que tu as l’impression que ça n’a duré qu’une heure. Même sur deux heures et demie, ça reste très varié. Tu te prends au jeu de la discussion, tout en restant attentive à ton environnement. Donc non, on ne s’ennuie pas.
Comment communiques-tu avec le plateau et les équipes ?
Claire : Avec un intercom, un casque équipé d’un micro. Les équipes m’entendent, je peux parler au présentateur via son oreillette, et échanger avec toute la technique.
Tu réalises quels types de formats en dehors du live ?
Claire : Je fais différents formats. Aujourd’hui c’était du live, mais je réalise aussi beaucoup de concepts YouTube tournés en différé. Par exemple des formats multi-caméras pour la créatrice Maghla : même logique qu’aujourd’hui, sauf que ce n’est pas du direct.
Dans ces cas-là, je suis derrière un retour vidéo pour vérifier que toutes les caméras sont optimales, que les cadreurs font les bons mouvements — mais je ne monte pas forcément en direct.
Je fais aussi un peu de fiction et de publicité. Dernièrement, j’ai sorti une mini-série sur Disney+, #ONREGARDEQUOI?, un podcast cinéma tourné sous forme de fiction. Et je réalise aussi beaucoup d’intros et d’outros sponsorisés pour des youtubeurs, entre fiction et publicité.
Quel a été ton parcours pour arriver à la réalisation ?
Claire : Après 3iS, j’ai occupé beaucoup de postes techniques, surtout en télévision. Mais je cherchais quelque chose de plus divertissant, plus créatif. Mon objectif était de faire de la réalisation.
J’ai donc postulé chez Webedia en expliquant clairement mon objectif. Ils ont accepté. J’ai commencé sur des petits tournages, puis j’ai progressivement pris des projets plus importants.
Ensuite, j’ai réalisé Zen avec Maxime Biaggi et Grimkujow. On a commencé dans un sous-sol, sans moyens. C’était intense, je devais tout gérer. Puis ça a explosé. C’est là que j’ai vraiment pu me développer.
Aujourd’hui, je suis intermittente et je travaille pour de nombreuses sociétés.
Quelle est l’étape que tu préfères dans un projet ?
Claire : Le développement. Quand on te donne une page blanche et qu’on te dit : “Vas-y, qu’est-ce que tu imagines ?” Tu construis tout avec les chefs de poste, le chef opérateur, la déco… Tu donnes vie à une vision.
Le tournage est aussi très excitant pour la synergie d’équipe, et la post-production est essentielle parce que c’est là que le projet prend vraiment vie.
Quand tu dois développer des idées, tu travailles où ?
Claire : Dans un café ou une bibliothèque, mais pas chez moi. Chez moi, il y a trop de distractions. Sortir et être entourée de gens aide à rester connectée à ce qui se passe autour.
Quel est le cours que tu as préféré à 3iS ?
Claire : Celui avec le réalisateur Christophe Navarre. Il nous a appris toute la création en amont : avoir un regard artistique et comprendre que chaque élément filmé est un choix.
Et un autre souvenir marquant ?
Claire : Un atelier avec un chef machiniste ayant travaillé sur le documentaire Océans. On devait tourner une scène entière en plan-séquence avec une seule caméra. On a appris des mouvements incroyables. C’est mon meilleur souvenir.
Comment fonctionne l’intermittence quand on est réalisatrice ?
Claire : Il faut faire 507 heures par an. Ensuite, France Travail vérifie que les contrats sont déclarés.
Il existe deux statuts : technicien et artiste. Moi je suis au statut artiste, avec des cachets de 12 heures. Comme je ne tourne pas tous les jours, mais que j’ai beaucoup de préparation et parfois de post-production rémunérée, ça me permet d’atteindre les heures.
L’intermittence permet aussi de vivre entre deux tournages et de développer d’autres projets.





