Quels sont les types de cadrage cinéma ?

Le cinéma est avant tout un art visuel. Chaque plan, chaque mouvement de caméra et chaque cadrage participent à la narration, influencent l’émotion du spectateur et orientent sa perception des personnages et de l’histoire. Le cadrage, en particulier, est l’un des outils les plus puissants du réalisateur. Il détermine ce que le spectateur voit, comment il le voit et comment il interprète les relations entre les éléments à l’écran. Nous allons explorer les principaux types de cadrage au cinéma et leur impact narratif et esthétique.

Le plan général : poser le décor

Le plan général, qu’on appelle aussi plan d’ensemble, montre tout le décor, souvent avec des personnages très petits. Il sert à situer l’action et donner une idée de l’espace ou de l’ambiance. Par exemple, imagine un film d’aventure : un plan qui montre une ville gigantesque ou une montagne imposante donne tout de suite le ton et l’échelle de l’histoire. On voit le décor avant tout, et les personnages passent un peu en second plan. Ce plan crée une distance avec les personnages, mais permet au spectateur de comprendre où tout se passe.

Le plan moyen : l’équilibre parfait

Le plan moyen cadre un personnage de la tête aux pieds, en montrant aussi une partie du décor. C’est un compromis entre le personnage et son environnement. Parfait pour les scènes de dialogue ou quand tu veux montrer des mouvements et des interactions entre personnages. Par exemple, dans un film de comédie ou un drame, on peut voir comment deux personnages se positionnent l’un par rapport à l’autre tout en comprenant où ils sont.

Le plan américain : du classique des westerns

Le plan américain cadre le personnage de la tête aux genoux. Il vient des westerns américains, où il fallait montrer les mains des cowboys prêtes à dégainer leurs revolvers. Aujourd’hui, il est utilisé pour les dialogues ou les scènes d’action car il combine proximité et mouvement. Un personnage debout qui discute ou se déplace est parfaitement montré dans ce cadrage.

Le plan rapproché et le gros plan : capter les émotions

Le plan rapproché cadre le personnage de la taille ou de la poitrine jusqu’à la tête, tandis que le gros plan se concentre souvent sur le visage ou une partie du corps. Ces cadrages permettent d’observer les émotions : la peur, la joie, la colère ou la tristesse deviennent évidentes. Les grands réalisateurs comme Alfred Hitchcock ou Ingmar Bergman ont utilisé le gros plan pour plonger dans la psychologie de leurs personnages. Par exemple, un gros plan sur les yeux d’un personnage peut créer une tension incroyable.

Le très gros plan : zoom sur le détail

Le très gros plan isole un détail : un œil, une main, un objet important. Il attire l’attention sur quelque chose de précis et souvent symbolique. Par exemple, dans un film policier, un indice trouvé par le détective peut être montré en très gros plan pour que le spectateur comprenne son importance. Ce cadrage peut aussi créer de l’étrangeté ou du suspense.

Le plan dynamique et le travelling

Certains plans ne sont pas statiques : ils bougent ! Le travelling, par exemple, suit un personnage qui marche ou explore un décor. Le plan d’ensemble dynamique combine cadrage et mouvement pour donner de l’énergie à la scène. Cela rend l’action plus immersive, comme dans un film d’aventure ou un thriller.

Le plan subjectif : voir à travers les yeux du personnage

Le plan subjectif montre ce que voit le personnage. Le spectateur voit exactement ce que le héros voit, ce qui crée une identification immédiate. On l’utilise beaucoup dans les films d’horreur ou les thrillers pour créer de la tension. Par exemple, quand un personnage regarde par une fenêtre ou s’approche d’un danger, on partage son point de vue.

La plongée et la contre-plongée : jouer avec les angles

L’angle de la caméra change complètement la perception.

  • La plongée filme le sujet d’en haut, ce qui le rend vulnérable ou faible.
  • La contre-plongée filme d’en bas, donnant au personnage puissance et grandeur.

Ces cadrages sont parfaits pour montrer la hiérarchie, le pouvoir ou la fragilité d’un personnage.

Le plan séquence : immersion totale

Le plan séquence est un plan unique qui dure plusieurs minutes sans couper. Il peut combiner plusieurs cadrages et mouvements pour raconter toute une scène. Cela immerge le spectateur et donne une continuité incroyable à l’histoire. On le retrouve dans des films comme Birdman ou 1917, où la caméra suit les personnages sans interruption.

Pourquoi le cadrage est essentiel

Chaque type de cadrage a un objectif : situer, rapprocher, isoler, impressionner ou créer du suspense. Un réalisateur choisit son cadrage en fonction de ce qu’il veut raconter et ressentir. Par exemple, un personnage seul dans un grand décor peut être montré en plan général pour souligner sa solitude, puis en gros plan pour montrer ses émotions intimes. Le cadrage devient ainsi un langage à part entière, capable de raconter des choses sans paroles.

Au cinéma, le cadrage est bien plus qu’un choix technique : c’est un outil pour raconter des histoires et transmettre des émotions. Du plan général au très gros plan, de la plongée à la contre-plongée, chaque choix influence la perception du spectateur. Maîtriser les cadrages, c’est comprendre comment la distance, l’angle et la composition influencent la tension, l’émotion et l’identification. Pour un étudiant en cinéma ou simplement un passionné, savoir reconnaître ces cadrages permet de comprendre et analyser les films autrement.