Interview de Corentin Burguière, réalisateur du court-métrage Les mots des autres

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Les étudiants en Cinéma & Audiovisuel se préparent pendant trois ans à la réalisation d’un court-métrage à travers de nombreux exercices et tournages. Réalisé dans des conditions professionnelles, avec des caméras ARRI, il est l’occasion de se donner à fond, une dernière fois. C’est le cas du film Les mots des autres, réalisé en 2023 par des étudiants 3iS en 3e année, multirécompensé dans de nombreux festivals, dans le monde entier. Retrouvez l’interview de son réalisateur Corentin Burguière avant de visionner le court-métrage.

Interview de Corentin Burguière

À quel exercice pédagogique correspondait exactement ce projet ? Attendais-tu ce tournage depuis longtemps dans ton parcours ?

Le film s’inscrivait dans le passage de la deuxième à la troisième année en spécialité réalisation. C’est une étape très importante, avec un processus de sélection assez exigeant. Le projet doit être pensé très en amont, presque un an et demi avant le tournage et il passe par plusieurs phases de développement. Ça pousse à affiner très tôt sa vision et ses intentions.

Le projet a finalement été accepté et ça m’a permis d’accéder à cette troisième année.

Pour le tournage, je l’attendais dès mon entrée en première année, c’était clairement un objectif. Mais avec le recul, je dirais que le tournage n’est qu’une partie de l’expérience. Les mois de création qui l’ont précédé et suivi : le développement, ma rencontre avec mon co-scénariste, la constitution de l’équipe, les présentations du projet, chercher les financements, la communication, c’était tout aussi importants et cool à faire. C’est un processus long, mais très formateur et surtout super créatif, au-delà du scénario.

Avec le recul, maintenant que tu as terminé l’école depuis trois ans, quel regard portes-tu sur cette expérience et sur ce tournage en particulier ?

C’était mon premier « gros » court-métrage, donc forcément une expérience de dingue. Ce qui m’a le plus marqué, c’était l’ampleur du projet : toute la production en amont, beaucoup de matériel, mobiliser autant de gens autour d’une histoire … C’était une vraie responsabilité.

On était bien préparés et on n’a pas eu tant de problèmes que ça sur le tournage, c’était fluide, et j’ai eu la chance d’avoir une équipe ultra investie.

Évidemment maintenant je vois principalement les défauts. Il y a des choses que je ferais différemment aujourd’hui, au niveau du scénario comme de la réalisation, mais c’est aussi le rôle de l’école : expérimenter, se tromper, apprendre.

Et malgré ça, je reste profondément fier du film, surtout après le parcours en festivals qui a été très riche. Même si on finit par le connaître par cœur, il garde une valeur très forte, pour moi et pour beaucoup de membres de l’équipe.

As-tu eu l’occasion de retravailler depuis avec des membres de l’équipe ou certains comédiens ?

Oui, surtout avec Timothée Duplantier, qui a coécrit le court-métrage.

C’était une vraie rencontre humaine et artistique, on a développé une vraie alchimie d’écriture, et ça a été plus que précieux pour faire un film qui nous ressemble et qui reste fidèle à l’idée de départ (même si on n’était pas toujours d’accord, évidemment).

Très naturellement, on a continué à travailler ensemble sur d’autres projets, plus ambitieux et qui prendront plus de temps à se réaliser.

C’est quelqu’un avec qui je partage une vision, une sensibilité, et avec qui le dialogue créatif est hyper fluide. Je lui suis très reconnaissant pour son implication sur ce film et sur les nouveaux projets que l’on développe.

Peux-tu nous parler du parcours du film en festivals ? As-tu eu l’occasion d’assister à certaines projections et de rencontrer le public ?

On a lancé le film en festivals assez tôt, avec l’envie d’exploiter au maximum les deux années de diffusion autorisées.

Au départ, on visait surtout la France, en pensant que le film, très basé sur des répliques françaises, aurait du mal à voyager. Puis on a tenté, un peu au culot, un premier festival à Athènes où le film a remporté un prix. Ça a complètement changé notre approche, et on a ouvert à l’international.

Le film a ensuite circulé dans 6 autres pays en plus de la France, une vraie bonne surprise. L’avantage, c’est que les festivals sont un cercle vertueux.

En France, j’ai eu la chance d’assister à plusieurs projections. C’est assez fou de voir les salles réagir à quelque chose qu’on a imaginé, écrit puis réalisé.

On est évidemment très fiers de tous les prix obtenus, mais celui qui me touche le plus, c’est le prix du public au festival “Pour Faire Court” à Lyon. Être récompensé directement par les spectateurs, c’est une reconnaissance incroyable.

Peux-tu nous parler de la genèse du film ? Comment est née l’idée ?

A la base du projet, il y a mon rapport aux dialogues : j’ai toujours tendance à utiliser des répliques de films, de séries ou de sketchs quand je parle avec des amis ou même en famille, presque comme un langage à part entière.

En partant de ça, je me suis demandé ce que donnerait un personnage contraint de ne s’exprimer qu’à travers ces répliques. C’est comme ça qu’est née l’idée.

Ensuite, je voulais explorer une thématique qui m’est chère : la relation entre les générations et plus particulièrement celle entre les petits-enfants et leurs grands-parents. C’était déjà un axe que j’avais abordé dans d’autres projets, et que j’avais envie d’approfondir.

Enfin, il y avait l’idée de transmission, notamment celle de la passion du cinéma. J’ai moi-même eu la chance d’être initié très tôt par mon père, et je voulais rendre hommage à cette transmission.

En réunissant ces trois axes : les répliques, la relation intergénérationnelle et la transmission du cinéma, ça m’a naturellement mené vers cette histoire.

Les sélections du film aux festivals

  • SMR 13, 2024
  • Paris Arts and Movie Awards, 2024
  • Post Cinéma Film Festival (Syracuse, États-Unis), 2024
  • Berlin Indie Spotlight (Allemagne), 2025
  • Cinematography & Photography Awards (Londres, Royaume-Uni), 2024
  • Feel The Real Film Festival (Glasgow, Écosse), 2024
  • Cologne Movie Marathon (Allemagne), 2024
  • Next Step Film Festival (Cannes, France), 2024
  • Festival du film de la vallée de Chevreuse (France), 2024
  • International Prism Shorts Film Festival (Italie), 2024

Les récompenses

  • Meilleur film étudiant — AIMAFF Athens Film Festival (Athènes, Grèce), 2024
  • Prix du public — Festival Pour Faire Court (Lyon, France), 2024
  • Best Student Film — International Istanbul Short Film & Writers’ Journey Festival (Istanbul, Turquie), 2025
  • Mention honorable — Director Talents Movie Awards (Budapest, Hongrie), 2025
  • Best Short Film — Suresnes Cineville Festival, 2024
  • Prix coup de cœur — Festival du Court d’Art District #8, 2025
  • Mention honorable du meilleur film étudiant — New York Film & Cinematography Awards (New York, États-Unis), 2024
  • Meilleur film étudiant — Hollywood Film & Animation Awards (États-Unis), 2024
  • Best Trailer — Prisma Festival (Italie), 2024
  • Mention honorable du meilleur film étudiant — French Duck Film Festival, 2024
  • Meilleure affiche de film — French Duck Film Festival, 2024
  • Mention honorable meilleur film étudiant — Oniros Film Festival (New York, États-Unis), 2025

Le court-métrage Les mots des autres

Pas d’article sur un court-métrage multiprimé sans la possibilité de le regarder !

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