Thierry Poiraud : une carrière dédiée à l’imaginaire

À l’occasion de la journée mondiale du conte de fée, revenons sur notre Masterclass dédiée à l’imaginaire.

3iS a eu le privilège d’accueillir le réalisateur Thierry Poiraud pour une Masterclass exclusive avec nos étudiants. Un véritable plongeon dans la carrière unique de ce cinéaste français, axée sur l’imaginaire et le cinéma de genre.

Thierry Poiraud : un carrière dédiée à l'imaginaire

Du cinéma d’animation jusqu’au monde de la publicité

Formé à l’école des Beaux-Arts de Nantes,Thierry Poiraud décide de collaborer avec son frère Didier, artiste plasticien. Ensemble, ils développent un univers en équilibre entre l’expressionnisme allemand, le cinéma d’animation en stop motion et Evil Dead de Sam Raimi.

De cette volonté de co-réaliser naît leur premier film fantastique : Les Escarpins Sauvages, en 1994. Créé dans le jardin parental avec des amis, il remportera le grand prix du festival fantastique de Paris.

Les frères Poiraud sont rapidement reconnus comme des talents à suivre et seront notamment parrainés par Jan Kounen. Leur talent pour l’animation leur ouvre alors les portes de la publicité.

« On commence toujours par l’imaginaire, que ce soit dans la publicité ou au cinéma. Tout commence par une passion de faire les choses, avant tout. C’est cette passion de faire qui encourage les producteurs à venir te voir, et à voir à travers l’univers que tu proposes » explique-t-il

Les frères Poiraud signent ainsi un certain nombre de films publicitaires de leur empreinte, parmi lesquels on retrouve :

– Une publicité mettant en scène Marie-José Pérec pour une marque de sneakers.
– Une célèbre marque de soda revisitée à la manière d’un film d’horreur.
– La statue de la liberté se déshabillant pour plonger dans la baie de Manhattan, afin de promouvoir une marque de chewing-gum.

L'imaginaire dans la publicité

L’imaginaire au service du long métrage

Fort de cette expérience publicitaire, le duo passe au long-métrage en 2004 avec Atomik Circus : le retour de James Bataille, tiré d’une bande-dessinée de Didier.

Les deux frères inventent un monde délirant où des extraterrestres en forment de poulpes de l’espace envahissent une fête de village.

Le casting réunit Vanessa Paradis, Benoit Poelvoorde, le comédien anglais Jason Flemyng, Bouli Lanners ou encore Jean-Pierre Marielle. Bien que le film ne connaisse pas le succès escompté, il démontre la créativité unique des frères Poiraud.

« En France, peu de gens réussissent à passer de la publicité au cinéma. C’est assez long et difficile car on est très étiquetés à cet univers de la publicité, c’est-à-dire que l’on est perçus comme des gens qui ne font que de l’esthétisme et du visuel et ne savent pas raconter une histoire. Les techniciens qui travaillent en publicité rencontrent les mêmes difficultés. Alors que dans ces deux milieux, nous faisons de l’image et créons des histoires. » tient-il à souligner

En 2010, le duo prend la décision de ne plus co-réaliser, et Thierry Poiraud revient au cinéma en 2014 avec le film Goal of the Dead. Une comédie horrifique où des zombies envahissent un match de foot dans une petite ville de la France profonde.

Aux côtés de Benjamin Rocher, Thierry Poiraud signe ce diptyque dont il réalise la seconde partie.

Il poursuit sa carrière en 2015 avec Don’t Grow Up, son film le plus personnel.

L’histoire suit un groupe d’adolescents qui tente de survivre dans un monde où un virus mortel s’attaque aux adultes.

La série, terre d’accueil de l’imaginaire ?

En 2017, Thierry Poiraud co-réalise la série de France Télévision Zone Blanche avec Julien Despaux. Dans ce thriller fantastique très atypique pour le service public, une femme major mène l’enquête sur d’étranges meurtres dans une nature particulièrement sauvage.


Réalisée sur deux saisons, la série est un succès d’audience, récompensée au festival de Luchon et rachetée par Netflix.

« Le cinéma a une volonté très populaire : il faut attirer le plus de monde possible, et le genre fantastique, en France, n’est pas le plus plébiscité. Sur les plateformes, au contraire, il faut des niches. C’est-à-dire qu’une plateforme fonctionne surtout si elle a du contenu pour illustrer chaque genre. Elles ont donc tout intérêt à intégrer des marqueurs très précis : le fantastique doit être très fantastique, la comédie doit être très comédie. Les plateformes de séries n’ont donc aucun frein à aller sur l’imaginaire » nous précise Thierry pour justifier la différence d’accueil entre le long-métrage et la série.

Fort de ce succès, Thierry Poiraud réalise pour Canal + la mini-série Infiniti, véritable projet de coeur, nommé aux Emmy Awards.

La série, terre d'accueil de l'imaginaire ?

Quand le cadavre d’un astronaute américain est découvert au Kazakhstan alors qu’il devrait être en mission sur l’ISS, c’est tout une intrigue astucieuse qui se met en place, entre la Terre et l’espace.

Thierry Poiraud travaille actuellement sur la post-production de sa prochaine série, co-réalisée avec Edouard Salier. Inspirée de la bande-dessinée « Les Sentinelles » de Xavier Dorison et Enrique Breccia, cette série plonge les spectateurs dans l’univers d’un soldat super-héros pendant la Première Guerre mondiale. La diffusion des premiers épisodes est prévue en septembre 2024, exclusivement sur Canal +.

► Masterclass intégrale filmée par nos étudiants sur le campus de 3iS Paris Ouest

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